Un entretien avec Yves

J’ai profité de l’été pour compléter mes souvenirs et documents. J’ai compilé des images, des sons et des textes que je vais maintenant tâcher de délivrer dans l’ordre et de manière sensée.

 

Par exemple, j’ai retrouvé notre premier carnet avec les indications pour la boîte à rythmes.

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Puis avec Yves -un des membres du groupe et ami- nous avons longuement discuté. 

Cela a remué pas mal de choses et mis en place des éléments que je n’arrivais plus à rassembler.

Au cours de la discussion, nous étions d’accord pour dire que notre sentiment à l’époque (et c’est toujours le mien) c’était qu’il fallait que les choses changent.

Yves avait vu, enfant, les banderoles de Mai 68 à l’Université de Bruxelles. Il se souvient encore que cette idée d’une modification du cours des choses et du sentiment très fort qui l’accompagnait, que ce sentiment a été un moteur puissant de sa jeunesse. 

Qui a fait de lui un être curieux, à la recherche de ces traces de changement. 

Qui l’a amené à prendre sa mobylette et à aller fréquenter le vieux Saint Job vers la fin des années septante.

Et là, il a bien vu que des choses se passaient. 

Que des jeunes gens se mettaient à faire de la musique avec rage, sans connaître une note.

Que cette rage se retrouvait aussi dans la rue, comme quand il a assisté à la manifestation anti-Van Haelteren, le bourgmestre de Bruxelles de l’époque, un libéral qui avait pris des mesures anti-jeunes. 

Place de la Monnaie et alentour, des émeutes avaient éclaté. Des jeunes gens balançaient des cocktails molotovs et c’était la fête mais pas la fête officielle, pas celle qui devait célébrer le Millénium, le millénaire de Bruxelles.

Un des slogans des jeunes c’était “Bruxelles, ville de merde”. Pas mal.

Je n’étais pas à la place de la Monnaie ce jour là mais je me souviens des interdictions de concerts en 79 et de la fronde anti-Van Halteren. Sa petite fille était dans ma classe et on faisait la pression pour qu’elle aille le voir et lui dire d’arrêter ses conneries. Il était vraiment gâteux et réac. C’était pénible comme ambiance pour ceux qui voulaient faire de la musique et pour les jeunes en général. J’arrivais à peine à tenir ma basse mais j’étais déjà consterné… 

 

 

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2 Responses to Un entretien avec Yves

  1. oncleroburang says:

    Superbe, ce carnet!La manif anti Van Haelteren, j’y étais. les rues étaient bondées. c’est tout juste si on n’étouffait pas!Assez drôle que sa petite fille était dans ta classe: le monde était encore plus petit à l’époque…Je me souviens qu’à la même époque, il y avait eu un concert de François Béranger (celui-là même qui chantait "Magouille Blues") sur la Grand-Place, remplie de monde. C’était bien et un peu surréaliste dans ce contexte de répression.

  2. oncleroburang says:

    ah! tu as vu ce spectacle aussi à la Balsa! ça m’a également très fort inspiré. avec Moreau qui se chauffait en brûlant le parquet dans la cheminée pour se chauffer! et la musique de Prokofiev, intelligemment utilisée. ça m’avait foutu des frissons. à l’époque, il y avait en effet plein de spectacles théâtraux passionnants dans des lieux étranges.

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